équipe d'Algérie
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Algérie : à 29 ans, Anthony Mandrea avance avec une lucidité rare dans un environnement où la hiérarchie semble souvent figée. Évoluant avec Stade Malherbe Caen en National, le gardien international algérien n’a jamais dissimulé l’écart entre son quotidien en club et les exigences du très haut niveau international. Pourtant, à l’approche de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, Mandrea refuse de renoncer à un objectif qu’il assume pleinement. Son retour tardif dans le groupe lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations a ravivé une flamme qu’il croyait parfois vacillante. « Franchement, j’ai appris la blessure d’Alexis Guendouz la semaine précédente, et j’ai ressenti un peu d’espoir », a-t-il confié, résumant à lui seul ce mélange de patience et de détermination qui caractérise son parcours.

Longtemps resté en retrait dans la hiérarchie des gardiens, Mandrea a poursuivi son travail sans se laisser enfermer par les discours. Il a reconnu les réserves exprimées par le sélectionneur Vladimir Petkovic, notamment sur le fait de convoquer un portier évoluant en troisième division, mais sans jamais s’en offusquer. « Je parle régulièrement avec mes entraîneurs des gardiens par téléphone. Je sais qu’ils me suivaient, malgré ce que le coach disait. Je n’ai aucun problème avec ça. J’ai énormément travaillé pour lui prouver que j’avais toujours le niveau. J’ai été patient », a-t-il expliqué. Sa convocation de dernière minute a ainsi pris la forme d’une reconnaissance personnelle : « Quand j’ai appris que j’étais sélectionné, ça a été une sorte de récompense pour tous mes efforts ». Aligné face à la Guinée équatoriale lors de la phase de groupes, il a cherché à répondre par le jeu et l’attitude, convaincu que chaque minute compte dans une trajectoire aussi exigeante.

La perspective du Mondial reste désormais dans son viseur, sans pour autant éclipser les priorités immédiates. Mandrea a insisté sur la nécessité de réussir d’abord son pari collectif avec Caen, avant toute projection internationale. « Le premier grand défi, c’est la montée. On essaie de ramener le club là où il doit être. D’un point de vue personnel, le deuxième objectif sera la qualification pour la Coupe du monde, mais ce sera après la saison », a-t-il précisé. Concernant le rassemblement de mars, il se montre réaliste mais volontaire : « J’espère, on verra en mars. Je ferai tout ce qu’il faut, en tout cas ». Et de conclure, sans détour : « Oui, c’est l’objectif ultime. Tous les joueurs rêvent de jouer une Coupe du monde. Si j’ai cette chance, je la saisirai. On verra en mars, puis en juin ». Dans un contexte marqué par des changements récents au poste de gardien en sélection, Mandrea avance sans bruit, mais avec une conviction intacte : celle que le travail finit toujours par rouvrir des portes que l’on croyait fermées.

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